GARE MONTPARNASSE

Paris 15e
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    MAÎTRISE D’OUVRAGE
    Klépierre
    PROGRAMME
    Pôle multimodal
    SURFACE
    44 100 m²
    CALENDRIER
    2014
    MISSION
    Concours

La Gare Montparnasse, vestige d’un Paris futuriste mort‐né ?
La construction du quartier Montparnasse par l’agence Architecturale de l’Opération Maine‐Mont‐ parnasse (AOM) s’est faite à partir de 1956 sous la férule d’Edgar Pisani. L’AOM, composée spéciale‐ ment pour cette opération et associant les architectes Eugène Beaudouin, Urbain Cassan, Louis Hoym de Marien, Raymond Lopez, Jean Saubot et Jacques Warnery, va prendre en charge cette opération majeure. Ce sera l’une des six opérations de rénovation de Paris, envisagées dans les trente glorieuses et pensées dans la ligne qu’inspirait alors la Charte d’Athènes, visant à transformer la capitale en une ville moderne et verticale.

Il est difficile d’imaginer aujourd’hui l’enthousiasme sans frein et l’énergie qui habitaient alors les pro‐ tagonistes et promoteurs de ces projets urbains. Architectes, urbanistes, grands commis de l’état, fas‐ cinés par le rôle de l’automobile dans les villes américaines, imaginaient par exemple de relier entre elles toutes les gares parisiennes par une rocade intérieure ou d’accéder aux mêmes gares par des ra‐ diales autoroutières (Plan Lafay, plan Lopez pour Paris, et pour ce qui concerne la Gare Montpar‐ nasse, la radiale Vercingétorix).

La Gare Montparnasse, un cas unique à Paris ?
La gare Montparnasse est également un exemple unique à Paris. Parmi les six gares majeures, elle est la seule à avoir été reconstruite récemment, si bien que le bâtiment historique, la «Gare de l’Ouest», n’existe plus. Elle est donc le seul exemple d’une gare emblématique du mouvement moderne à Paris. Dans le cadre du projet Maine‐Montparnasse, elle constitue aussi l’élément architectural le plus inté‐ ressant de cet ensemble illustrant les théories urbaines de la Charte d’Athènes. La tour et le centre commercial qui l’entourent ne portent pas la marque de Raymond Lopez et de Michel Holley, puisqu’ils furent confiés aux autres architectes de l’équipe. La gare en revanche, œuvre de Lopez et Holley, avec la contribution de Jean Dubuisson pour l’immeuble de logements de la rue du Comman‐ dant Mouchotte, concentre les éléments esthétiques les plus intéressants de l’époque, avec ses fa‐ çades en pâte de verre noire, soulignées de bandeaux blancs en béton.

La restructuration de la gare Montparnasse pose donc les questions suivantes : comment développer cette rénovation dans le contexte de cette unique île urbaine, vestige d’un Paris moderniste rapide‐ ment décrié, condamné et aujourd’hui proscrit ? Quel dialogue entretenir avec elle ? Comment emme‐ ner dans le 21ème siècle cette architecture, qui témoigne fortement de son époque, en la réinscrivant dans un paysage et des contraintes urbaines fonctionnelles contemporaines et à venir ?

Le concept
Le concept architectural consiste à apporter au bâtiment des transformations visibles, mais respec‐ tueuses de ses formes et de son histoire. Pour rendre cet hommage, il faut identifier les éléments constitutifs de cette architecture « moderniste », et les souligner, tout en en éliminant les parties les plus anecdotiques, peut‐être moins heureuses : il s’agit donc d’un jugement subjectif… Nous avons choisi de mettre l’accent sur les deux derniers niveaux de bureaux de l’ouvrage de Raymond Lopez, en mettant en valeur le côté « attique en suspens » de ce bandeau.
Cette façade s’habille d’un nouveau revêtement en Emalit de couleur blanc nacré, dont les parties transparentes, passant devant les fenêtres existantes, apparaissent dans un nuagé flou : C’est un morceau de ciel océanique qui est venu rencontrer Paris…

En 1986, la gare a été transformée par Jean‐Marie Duthilleul, qui lui a adjoint la « Porte Océane ». Cet ouvrage crée une porte majeure pour la gare, et marque l’axe de la composition, sous la forme d’un grand arc de cercle de verre. Nous en soulignons la courbe en laissant flotter au‐dessus la ligne souple d’un drapé blanc à plusieurs ondulations, qui vient magnifier la courbe de la façade existante et créer un nuage flottant au‐dessus du bâtiment.